Le passage à la nouvelle année s’accompagne toujours de nombreuses évolutions pour les conducteurs français.

En effet, si le bonus écologique progresse, le malus se durcit une nouvelle fois et les prix à la pompe grimpent. Voici ce qui change au 1ᵉʳ janvier 2026 pour l’automobile et les automobilistes.
Le bonus écologique repart à la hausse
Bonne nouvelle pour ceux qui envisagent de passer à l’électrique. Le gouvernement a confirmé fin novembre la revalorisation de la prime « coup de pouce véhicules électriques ». Celle-ci est financée depuis juillet 2025 par les Certificats d’économies d’énergie. Concrètement, les ménages précaires peuvent désormais toucher jusqu’à 5 700 €, contre 4 200 € en 2025. Les ménages modestes non précaires bénéficient de 4 700 €, les autres foyers de 3 500 €.
Par ailleurs, la prime « batterie européenne » progresse elle aussi. Elle passe à une fourchette de 1 200 à 2 000 € selon les constructeurs. Un acheteur modeste peut ainsi cumuler jusqu’à 7 700 € d’aides. Cela concerne les véhicules assemblés en Europe avec une batterie produite sur le continent. Le ministre de l’Économie Roland Lescure l’a rappelé sur France Inter : « Le véhicule électrique le plus vendu en France, c’est une Renault 5 faite à Douai. » Ces montants restent toutefois indexés sur les cours du marché des CEE. Ils peuvent donc évoluer dans les prochains mois.
Pour être éligible au bonus écologique, le véhicule doit afficher un prix inférieur à 47 000 € TTC et un poids sous 2 400 kg. L’ADEME doit également avoir validé son éco-score.
Le leasing social en sursis
Le dispositif de leasing social avait connu un franc succès début 2024. Sa relance le 30 septembre 2025 s’est toutefois révélée moins attractive. L’aide plafonnée à 7 000 € au lieu de 13 000 € n’a pas suscité le même engouement. Mi-décembre, le quota de 50 000 véhicules n’était toujours pas atteint. Une troisième édition semble donc compromise, d’autant que le bonus classique sera plus généreux en 2026.
Le malus CO₂ franchit un nouveau cap
En face, la facture s’alourdit pour les motorisations thermiques. Le seuil de déclenchement du malus écologique passe de 113 à 108 g/km de CO₂. Autrement dit, éviter cette taxe sans hybridation devient quasiment impossible. Un véhicule émettant 140 g/km écopera de 2 205 €, contre 1 504 € l’an dernier. Le plafond atteint désormais 80 000 € à partir de 192 g/km, soit 10 000 € de plus qu’en 2025.
Selon le cabinet Dataneo, cette taxe touchera 72 % des véhicules neufs. Même la nouvelle Renault Clio 6 n’échappe pas à la règle. Sa version essence d’entrée de gamme émet 114 g/km, soit 190 €. Les modèles sportifs, déjà rares sur le marché, subiront tous le plafond maximal.
Le malus au poids se durcit
Le malus au poids suit la même trajectoire. Le seuil descend de 1 600 à 1 500 kg, avec un barème progressif de 10 à 30 €/kg selon les tranches. De plus, les voitures électriques, jusqu’ici exonérées, perdront partiellement cet avantage au 1ᵉʳ juillet 2026. Seuls les modèles validés par l’éco-score resteront exemptés. Les autres bénéficieront d’un abattement de 600 kg.
Le contrôle technique se durcit sur les airbags Takata
Autre changement important : le renforcement du contrôle technique. Un décret du 8 décembre 2025 impose désormais une contre-visite automatique pour les airbags Takata classés « stop drive ». Ces équipements défectueux ont causé 46 accidents en France, dont 20 mortels. Ils nécessitent donc un remplacement immédiat.
Si le véhicule figure sur la liste des rappels, le centre de contrôle le placera en défaillance critique. Le propriétaire devra alors faire intervenir un garagiste agréé de la marque. La circulation restera interdite jusqu’à réparation. Cette mesure concerne encore 1,3 million de véhicules sur le territoire. Le ministère des Transports espère ainsi « passer au peigne fin l’ensemble du parc roulant en deux ans ». Les propriétaires peuvent vérifier si leur auto figure sur la liste via le site du ministère de l’Écologie.
Les carburants augmentent de 4 à 6 centimes
À la pompe, les automobilistes devront débourser 4 à 6 centimes de plus par litre dès le 1ᵉʳ janvier. L’Ufip (Union française des industries pétrolières) a confirmé cette hausse. Elle découle du renforcement du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie. En effet, les fournisseurs d’énergie doivent financer davantage d’actions en faveur de la transition énergétique. Ils répercutent donc la note sur les prix des carburants. Un plein de 50 litres coûtera ainsi 2 à 3 € de plus qu’en 2025. En revanche, l’E85 échappe à cette augmentation. Les députés et sénateurs ont rejeté les amendements visant à relever sa fiscalité.
L’électricité aussi concernée par la hausse
Le mécanisme des CEE ne touche pas que les carburants. Les fournisseurs d’électricité devront également contribuer davantage au dispositif. Cette charge supplémentaire sera en partie répercutée sur les factures des ménages. Concrètement, le coût de la recharge à domicile pourrait donc légèrement augmenter en 2026.
Les péages n’augmentent que de 0,86 %
Du côté des autoroutes, les péages augmenteront de 0,86 % en moyenne au 1ᵉʳ février. C’est la plus faible hausse depuis 2021, après +4,75 % en 2023 et +3 % en 2024. Les écarts varient selon les réseaux : +0,62 % chez ASF et Escota dans le sud, +0,70 % chez Sanef dans le nord et l’est. Vinci Autoroutes appliquera +0,82 %, APRR et AREA +0,95 %. Cofiroute affiche la hausse la plus forte avec +1,41 % dans le centre-ouest. Concrètement, un Paris-Bordeaux via l’A10 coûtera environ 61 € contre 60,50 € auparavant.
Nouvelles plaques roses pour les immatriculations provisoires
Les véhicules en immatriculation provisoire devront arborer des plaques roses à compter du 1ᵉʳ janvier. Cette mesure concerne les plaques WW et W garage. Un arrêté du 21 novembre 2025 l’a officialisée pour faciliter les contrôles et lutter contre la fraude. La date de fin de validité figurera directement sur la plaque. Les forces de l’ordre pourront ainsi repérer immédiatement les véhicules en situation irrégulière. Chaque année, la France délivre environ 400 000 immatriculations provisoires.
L’assurance auto grimpe de 4 à 5 %
Les assureurs anticipent une hausse des primes de 4 à 5 % en 2026. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : l’augmentation du coût des sinistres (+7,6 % en 2024, +6,7 % en 2025), la complexité des réparations sur les véhicules modernes et la multiplication des événements climatiques.
Crédit d’impôt borne de recharge : c’est bientôt fini
Le crédit d’impôt de 500 € pour l’installation d’une borne de recharge expire le 31 décembre 2025. Aucune prolongation n’a été annoncée à ce stade. Les particuliers souhaitant en bénéficier doivent donc finaliser leur installation avant la fin de l’année. À noter cependant : la France devrait franchir le cap des 200 000 bornes publiques début 2026. Le déploiement de stations rapides se poursuit, avec l’arrivée attendue de bornes Ionity atteignant 600 kW.
Ce qui va changer dans le courant de l’année 2026
Des milliers de places de stationnement vont disparaître
La loi d’orientation des mobilités impose aux communes de supprimer toutes les places de stationnement situées à moins de 5 mètres en amont des passages piétons. L’objectif est d’améliorer la visibilité des piétons pour réduire les collisions. Les municipalités ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour se mettre en conformité. À titre d’exemple, la métropole lilloise devra neutraliser 4 500 emplacements. Lyon en perdra plus de 3 300.
ZFE : la suppression n’est pas actée
Contrairement à ce qui circule, les zones à faibles émissions n’ont pas été supprimées. L’amendement voté dans le projet de loi de simplification de la vie économique n’a pas terminé son parcours parlementaire. La commission mixte paritaire a été repoussée à janvier 2026. De plus, le Conseil constitutionnel pourrait censurer cette disposition. Les 25 métropoles concernées maintiennent donc leurs ZFE. Toutefois, aucune n’a prévu de durcir ses restrictions au 1ᵉʳ janvier 2026. Pour mieux comprendre la situation, consultez notre article sur la suppression des ZFE.
Radars : le retour du flash visible à l’étude
Le ministère de l’Intérieur réfléchit à rendre de nouveau visible le flash des radars. Les dernières générations d’appareils utilisent en effet un flash infrarouge imperceptible. L’idée serait de renforcer l’aspect pédagogique du contrôle. Par ailleurs, la sanction automatique du téléphone au volant, du non-port de la ceinture et du non-respect des distances reste en projet. Rien n’est encore validé pour 2026.
Le permis de conduire ne sera plus valable à vie
Le Parlement européen a voté en octobre 2025 une réforme majeure du permis de conduire. Sa durée de validité sera désormais limitée à 15 ans maximum. Une visite médicale deviendra obligatoire avant la délivrance et lors de chaque renouvellement. Les conducteurs de plus de 65 ans pourraient être soumis à des contrôles plus fréquents. La France dispose de trois ans pour transposer ces mesures dans sa législation. Le débat promet d’être animé en 2026.
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Une réponse
« Les fournisseurs d’énergies (carburant, électricité) doivent faire un effort supplémentaire en faveur de la transition énergétique ». Ils ne font aucun effort puisqu’ils le répercutent sur les prix. Comme d’habitude, ce sont les consommateurs qui font l’effort ! Tout ces grands groupes continueront à faire de méga bénéfices, est-ce bien normal, en tout cas ce n’est pas patriote.