Depuis début décembre, plusieurs médias affirment que les radars flasheront le téléphone au volant et le non-port de ceinture dès 2026. Radars téléphone et ceinture en 2026, il est temps de faire le point.

Si on se réfère à la Délégation interministérielle à la sécurité routière, ces radars téléphone ceinture ne verront pas le jour en 2026. Voici les détails.
Radars téléphone et ceinture : ils ne détecteront pas ces infractions en 2026
Un démenti sans ambiguïté
Contactée par franceinfo le 12 décembre dernier, la Délégation interministérielle à la sécurité routière a qualifié ces annonces d' »archi faux ». Elle invite d’ailleurs les automobilistes à se méfier de « la course aux fantasmes ».
Pourtant, entre le 8 et le 10 décembre, plusieurs chaînes ont relayé cette information. BFMTV annonçait que « ces radars sont plus intelligents, ils entreront en fonction a priori l’année prochaine ». Le 13h de TF1 affirmait que « dès l’an prochain, certains vont pouvoir détecter trois nouvelles infractions ». Sur LCI, on alertait même sur des radars « gavés d’intelligence artificielle » qui « voient tout ». Toutes ces affirmations sont fausses.
Radars téléphone et ceinture : d’où vient cette erreur ?
L’origine du malentendu se trouve dans une annexe du projet de loi de finances pour 2025, et non 2026. Ce document mentionnait : « Selon les capacités technologiques et l’homologation nécessaire, de nouvelles infractions pourront être déployées, sur plusieurs centaines d’équipements (interdistance, non-respect du port de ceinture, téléphone tenu en main). »
Or, cette formulation décrivait une simple possibilité, pas une décision actée. La Sécurité routière l’explique ainsi : « C’est comme si vous projetiez un voyage en 2026 : vous mettez de l’argent de côté et au final, en 2026, vous n’y allez pas. Pour les radars, c’est pareil. »
Cette mention a d’ailleurs disparu du projet de loi de finances pour 2026. Le gouvernement n’a donc pas retenu ce projet.
Radars téléphone et ceinture : la technologie existe, mais pas homologuée
Des prototypes fonctionnels
Sur le plan technique, ces radars existent bel et bien. Lors du dernier Salon des maires, les constructeurs Idemia et Parifex ont présenté des appareils capables de repérer un téléphone tenu en main ou une ceinture non attachée. Le radar Mesta Fusion 2, équipé d’un capteur de 36 mégapixels, peut suivre jusqu’à 126 véhicules en même temps. Des tests menés au Royaume-Uni depuis 2023 ont confirmé l’efficacité de cette technologie.
Le verrou de l’homologation
Toutefois, la France n’a homologué aucun radar pour constater ces infractions. C’est le point bloquant.
L’article R130-11 du Code de la route, modifié par le décret du 5 juillet 2023, liste 15 types d’infractions pouvant théoriquement être constatées par radar automatique. Parmi elles : le non-port de la ceinture, l’usage du téléphone tenu en main et le non-respect des distances de sécurité.
Mais le texte précise que les constatations ne font foi que si elles sont « effectuées par ou à partir des appareils de contrôle automatique ayant fait l’objet d’une homologation ». Sans cette homologation, pas de verbalisation automatique possible.
À ce jour, seuls les excès de vitesse et le franchissement de feu rouge sont homologués. Le seul dispositif récemment validé concerne les voies de covoiturage, avec l’arrêté du 19 avril 2024 créant le système ACVR.
Téléphone et ceinture : ces infractions sont dangereuses et verbalisables
Même si les radars ne flashent pas encore ces comportements, ils demeurent interdits et sanctionnés lors des contrôles classiques.
Selon la Sécurité routière, l’usage du téléphone au volant multiplie par trois le risque d’accident. Lire un SMS fait grimper ce risque à 23 fois, car le conducteur détourne les yeux de la route pendant cinq secondes en moyenne. Le baromètre AXA Prévention révèle que 80 % des conducteurs reconnaissent utiliser leur smartphone au volant.
Le non-port de la ceinture reste lui aussi un enjeu majeur. Dans les territoires d’outre-mer, plus de la moitié des personnes décédées en véhicule ne portaient pas leur ceinture en 2024, selon le bilan annuel de l’ONISR.
Pour chacune de ces infractions, l’amende s’élève à 135 euros avec un retrait de 3 points. Des sanctions contestables, comme c’est le cas pour le forfait post-stationnement (FPS).
Ces radars arriveront-ils un jour ?
Faut-il enterrer définitivement l’idée de radars détectant ces infractions ? Pas vraiment.
Le cadre légal est en place depuis 2023. La technologie fonctionne et a fait ses preuves à l’étranger. Les fabricants français sont prêts à livrer. Il ne manque que l’homologation officielle et une décision politique. Mais à ce stade, les autorités n’ont communiqué aucun calendrier et le sujet ne semble pas prioritaire.
Si la France homologuait ces radars, le fonctionnement prévu inclurait une validation humaine. Comme pour les radars de covoiturage actuels, un agent assermenté examinerait chaque dossier avant d’émettre le PV. Pas de verbalisation automatique sans contrôle, donc.
Radars téléphone et ceinture : pour résumer
Les radars ne flasheront ni le téléphone au volant ni le non-port de ceinture en 2026. La Sécurité routière a démenti cette information relayée par plusieurs médias. La technologie et le cadre légal existent, mais l’homologation fait toujours défaut. Ces radars verront peut-être le jour, mais pas l’an prochain. En attendant, téléphone rangé et ceinture bouclée : les forces de l’ordre n’ont pas besoin de radar pour verbaliser.
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