Voilà une proposition phare qui pourrait accélérer la transition électrique en France. Les géants de l’énergie viennent de suggérer au gouvernement la création d’un permis voitures électriques à prix réduit.

Concrètement, cette formation serait distincte du permis B classique et coûterait évidemment moins cher. De plus, elle inclurait des modules dédiés à la conduite des véhicules zéro émission. Voici ce que l’on sait déjà de cette proposition.
Un permis voitures électriques pour accélérer la transition énergétique
En fin d’année 2025, les leaders nationaux de l’énergie, dont EDF et TotalEnergies, ont proposé un plan de 50 mesures adressées au gouvernement. L’objectif est simple : accélérer l’électrification en France. Parmi celles-ci figure notamment la création d’un permis de conduire dédié aux voitures électriques. En outre, ces entreprises demandent le maintien de l’interdiction des véhicules thermiques neufs à partir de 2035.
Cette initiative accompagne la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Il s’agit d’un texte publié par le gouvernement français au mois de décembre 2025 visant à porter les ventes de voitures neuves zéro émission à 67 % en 2030. À titre de comparaison, en 2024, les ventes étaient de seulement 17 %. Ainsi, la part de véhicules électriques au sein du parc automobile français passerait à 15 %, contre 4 % aujourd’hui.
Quel prix pour ce permis voitures électriques ?
Actuellement, le permis boîte automatique (BEA) coûte au moins 960 €. En comparaison, le permis B classique atteint 1 200 €. Cette différence peut notamment s’expliquer par le nombre d’heures minimum exigées. Il faut compter 13 heures pour le BEA contre 20 heures pour la formation traditionnelle, ce à quoi il faudra très probablement ajouter des heures de conduite supplémentaires.
D’après EDF et TotalEnergies, regroupés au sein de l’Union Française de l’Électricité (UFE), le permis voitures électriques offrirait un avantage encore plus important. En effet, la recharge électrique coûte moins cher que le carburant. Par conséquent, les auto-écoles réduiraient leurs frais de fonctionnement. Ensuite, elles répercuteraient ces économies sur le prix de la formation afin que les jeunes conducteurs puissent en profiter.
Des prêts à taux zéro pour aider les auto-écoles à acheter des voitures
Pour le moment, le coût d’acquisition d’une voiture électrique, plus élevé qu’un modèle thermique équivalent, freine le déploiement de ce type de formation. Alors que plusieurs modèles à moins de 20 000 € disponibles sur le marché pourraient convenir, l’UFE préconise tout de même des prêts à taux zéro pour les professionnels.
Ainsi, ces aides permettraient aux auto-écoles d’acquérir des voitures électriques de gammes différentes. En outre, les géants de l’énergie suggèrent des prêts similaires pour les élèves. Ces derniers pourraient financer l’achat ou le leasing social d’un véhicule électrique. Cette mesure prolongerait notamment le dispositif CEE (Certificats d’économie d’énergie).
Une formation adaptée aux spécificités de la conduite électrique
L’organisation qui regroupe les entreprises de l’énergie électrique recommande de nouveaux modules pédagogiques dans le cursus des auto-écoles. Ces enseignements couvriraient plusieurs aspects propres à la mobilité électrique.
D’abord, la gestion de la batterie, qui constitue un élément central. Les élèves apprendraient ainsi à anticiper leurs besoins en recharge. De même, ils sauraient identifier les bornes disponibles et optimiser leur autonomie. Enfin, la formation aborderait le moteur électrique : couple immédiat, freinage régénératif ou encore absence de boîte de vitesses.
Quelles restrictions pour les titulaires de ce permis voitures électriques ?
Toutefois, ce dispositif pourrait connaître certaines limites. En effet, les détenteurs du permis voitures électriques ne pourraient conduire que des véhicules zéro émission. De manière similaire, le permis BEA impose une limitation pour les boîtes automatiques.
Néanmoins, une passerelle pourrait élargir les droits de conduite aux véhicules thermiques. Pour rappel, depuis le 1er mars 2024, les titulaires du permis BEA suivent une formation de 7 heures pour conduire une boîte manuelle. L’État a également supprimé le délai d’attente de 3 mois qui était requis. Par conséquent, on pourrait imaginer appliquer un dispositif similaire au permis électrique, même si la réforme européenne du permis de conduire apportera probablement d’autres évolutions.
La position du gouvernement attendue début 2026
Pour l’heure, Matignon n’a pas encore répondu à ces propositions de l’UFE. Le gouvernement travaille actuellement sur un « grand plan d’électrification des usages ». Il prévoit en ce sens des annonces début 2026.
En pratique, un permis voitures électriques nécessiterait une modification de la réglementation. De même, les auto-écoles et centres d’examen devraient s’adapter. En attendant, le permis boîte automatique reste l’option la plus accessible.
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